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Observation spatiale · Café

Kott CaféLa lumière de l’angle, les places du quotidien

De la façade d’angle à une conversation au comptoir : un lieu composé par la lumière, les objets et les personnes qui l’habitent.

Visite · Paris

Kott Café vu depuis l’autre côté de la rue : l’angle du bâtiment, le parvis et une passante composent la scène.
Kott Café vu depuis l’autre côté de la rue : l’angle du bâtiment, le parvis et une passante composent la scène.

Lire d’abord les relations spatiales

Le plan met en relation les poteaux, le comptoir et les espaces où s’asseoir. Le comptoir distingue travail et séjour tout en les mettant face à face. Cette première lecture se prolonge à travers les photographies et les souvenirs de la visite.

Kott Café — Lire d’abord les relations spatiales
Plan schématique destiné à la compréhension de l’espace. Dimensions, proportions et implantations indicatives ; ce document n’est pas un plan d’exécution.

Un café au bout d’une petite place

Avant même d’entrer, le café situé à l’angle a attiré mon regard. L’espace dégagé devant lui évoquait une petite place et guidait naturellement les yeux vers sa façade.

Les reflets du vitrage et le soleil sur le verre et les cadres donnaient une expression particulière à cette façade. La personne assise sur le banc devant le café participait à l’harmonie de la scène. L’expérience du lieu commençait déjà dans la rue.

La façade, le banc occupé et la vie de la rue.
La façade, le banc occupé et la vie de la rue.
Une vue d’ensemble de l’intérieur, entre les poteaux, le plafond, le comptoir en bois et les luminaires.
Une vue d’ensemble de l’intérieur, entre les poteaux, le plafond, le comptoir en bois et les luminaires.

De petits choix composent un ensemble

À l’intérieur, j’ai remarqué l’accord entre les objets vintage réunis par les propriétaires et le lieu qui les accueillait. Différents les uns des autres, ils trouvaient pourtant naturellement leur place ensemble. Le comptoir en bois, les menus et les luminaires au-dessus retenaient particulièrement mon attention. Leur caractère industriel prenait, au contact du bois, une chaleur inattendue.

Assise devant le comptoir, au fil de la conversation, je commençais à distinguer les objets dans ce qui m’était d’abord apparu comme un ensemble. Chaewoon, qui m’accompagnait, connaissait les propriétaires. L’échange se poursuivait et me permettait de regarder de plus près le soin apporté au choix et à la disposition des choses.

Un nouvel usage pour un objet lumineux

L’explication du menu m’est particulièrement restée en mémoire. On m’a raconté que le dispositif servait à l’origine à regarder des radiographies. Il avait été adapté pour recevoir un menu réalisé sur un support de type film, à ses dimensions. La lumière venant de l’arrière conservait sa fonction, mais trouvait un nouvel usage dans le café.

L’idée et le goût qui s’y exprimaient me touchaient autant. Reconnaître les qualités d’un objet, imaginer un autre usage, lui trouver une place : je pense que ces idées, une à une, composent un goût, révèlent un regard et donnent au lieu une histoire. Après cette explication, je voyais autrement la relation entre le menu, le comptoir et les luminaires.

Un menu installé dans un ancien appareil de lecture des radiographies : une lumière existante trouve un nouvel usage.
Un menu installé dans un ancien appareil de lecture des radiographies : une lumière existante trouve un nouvel usage.

Les détails qui apparaissent en restant

Depuis ma place au comptoir, je regardais surtout le mur d’en face. En tournant légèrement la tête, je voyais les briques de verre en partie haute et la lumière qui les traversait. Elle se diffusait doucement, comme un second rôle dans la pièce. Le mur blanc prenait une identité propre et donnait une impression d’ouverture malgré sa présence pleine.

À l’intérieur, la lumière passait par les vitrages de la façade et les briques de verre pour éclairer doucement les murs. Je l’avais appréciée dès mon arrivée ; en restant, je remarquais davantage les petits détails et les recoins qu’elle révélait. J’aimais cette manière dont la nature s’insinuait dans l’architecture et modifiait la perception du lieu.

Une vue élargie des relations entre briques de verre, assises et tables.
Une vue élargie des relations entre briques de verre, assises et tables.

Les personnes font partie du projet

Lorsque je regarde un espace, je m’attache à sa relation avec les objets. Chez Kott Café, je voyais des idées qui prolongeaient une fonction existante, un regard capable de réunir des pièces vintage différentes et une lumière qui rendait leurs relations perceptibles.

Cet accord semblait s’accomplir lorsque les personnes s’installaient, parlaient et utilisaient le lieu. La personne assise sur le banc devant la façade et notre conversation au comptoir en faisaient aussi partie. Ce sont ces scènes que je pense également dans un projet : au-delà de la disposition des murs et du mobilier, où s’assied-on, que regarde-t-on et quel temps passe-t-on là ? Ici, des objets choisis avec soin devenaient le cadre du quotidien.

Photographie retouchée.

Co-éditeur : Chaewoon HA

Texte et observation : Jinhee KIM / PAADO ARCHITECTURE · Photographies: Jinhee KIM · Chaewoon HA